Louis-Jean-Marie Daubenton (1716-1800) Louis-Jean-Marie Daubenton (1716-1800)
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Louis-Jean-Marie Daubenton, “Mémoire sur les differences de la situation du grand trou occipital dans l’homme et dans les animaux,” Histoire de l’Académie Royale des Sciences avec les Mémoires de Mathématique et de Physique (Paris) (1764): 568-579.

Translated as “Memoir on the Different Positions of the Occipital Foramen in Man and Animals” by Miriam Claude Meijer, Ph.D.
Daubenton's Plate 16

[1] The occipital foramen, while giving outlet to the medullary substance to pass into the spinal column, fixes the place of the joint of the head with the neck; on the sides of this orifice the two points are placed by which the bony part of the head touches the neck’s first vertebra and on which all the head’s movements are made. The position of man’s occipital foramen differs greatly from animals’. There are also big differences in regard to this position in the various animal species; these differences are principally those that are in the body’s posture and the head’s shape.

[1] Le grand trou occipital en donnant une issue à la substance médullaire pour passer dans la colonne vertébrale, fixe le lieu de l’articulation de la tête avec le cou; c’est sur les bords de cette ouverture que sont placés les deux points par lesquels la partie osseuse de la tête touche à la première vertèbre du cou et sur lesquels se font tous les mouvemens de la tête. Le grand trou occipital de l’homme diffère beaucoup de celui des animaux, par sa situation; il y a aussi de grandes différences par rapport à cette situation dans les diverses espèces d’animaux; ces différences tiennent principalement à celles qui se trouvent dans l’attitude du corps et dans la forme de la tête.

[2] Since man has his body and neck directed vertically, his head must be placed in balance on the spinal column in order to render all his movements easily and in order to stay on the bony column that is the point d’appui which provides the nature posture of the human body. Man’s occipital foramen (A, fig. 1) also is placed at about the center of the skull’s base; this orifice is hardly more distant from the jaws’ extremity (BC) than the occiput’s far end (D): the head is so well placed for its balance that if one extended the vertical line which the body and neck follow, it would pass through the cranial vertex.

[2] L’homme ayant le corps et le cou dirigés verticalement, sa tête doit être placée en équilibre sur la colonne vertébrale, pour rendre tous ses mouvemens plus faciles et pour la maintenir sur la colonne osseuse qui est le point d’appui que lui donne l’attitude naturelle du corps humain; aussi le grand trou occpital (A, fig. 1) de l’homme est placé à peu près au centre de la base du crâne; ce trou n’est guère plus éloigné de l’extrémité (BC) des mâchoires que du fond (D) de l’occiput: la tête est si bien placée pour son équilibre, que si l’on prolongeoit la ligne verticale que suivent le corps et le cou, elle passeroit par le sommet de la tête.

[3] Man’s occipital foramen also differs much from the animals’ by the direction of its plane. I put forward that the plane of this orifice passes on the posterior side and on the facets of the apophyses condyloids, and that it ends below the eye sockets (E). It follows an almost horizontal line (FG) that crosses the vertical line of the body and neck practically at right angles when man keeps his head straight without bending either forward or backward.

[3] Le grand trou occipital de l’homme diffère aussi beaucoup de celui des animaux par la direction de son plan; je suppose que le plan de cette ouverture passe sur son bord postérieur et sur les facettes des apophyses condyloïds, et qu’il soit prolongé en avant, il traversera la face de l’homme et il aboutira au-dessous des orbites (E) des yeux. Il suit une ligne (FG) presque horizontale qui coupe à peu près à angles droits la ligne verticale du corps et du cou, lorsque l’homme tient sa tête droite sans l’incliner en avant, ni la renverser en arrière.

[4] In this posture, the face is on a vertical line almost parallel to that of the body and the neck, consequently the jaws stretch out hardly more in the front than the forehead. They are very short in comparison with those of most animals, for the length of the underjaw, measured in man from the chin (H) to the posterior side (I) of the apophysis condyloid, is only half of the length of the head taken in total from the chin (H) to the occiput (D), and about the ninth part of the height of the body from the anus to the cranial vertex, or the eighteenth part of the entire body length from the cranial vertex to the heels. This last dimension, however, can hardly take place in the comparison of animals with man because there is no animal in which the back legs are, like in man’s, as high as the body, the neck and head taken together and measured from the cranial vertex to the pubic bone.

[4] Dans cette attitude, le visage est sur une ligne verticale presque parallèle à celle du corps et du cou, par conséquent les mâchoires ne s’étendent guère plus en avant que le front; elle sont fort courtes en comparaison de celles de la plupart des animaux, car la longueur de la mâchoire du dessous, mesurée dans l’homme depuis le menton (H) jusqu’au bord postérieur (I) de l’apophyse condyloïde, ne fait que la moitié de la longueur de la tête entière prise depuis le menton (H) jusqu’à l’occiput (D), et à peu près la neuvième partie de la hauteur du corps depuis l’anus jusqu’au sommet de la tête, ou la dix-huitième partie de la longueur du corps entier, depuis le sommet de la tête jusqu’aux talons; mais cette dernière dimension ne peut guère avoir lieu dans la comparaison des animaux avec l’homme, parce qu’il n’y a aucun animal dont les jambes de derrière aient, comme celles de l’homme, autant de longueur que le corps, le cou et la tête pris ensemble et mesurés depuis le sommet de la tête jusqu’au pubis.

[5] The principal parts of the human body’s framework are about the same as those of animal bodies, but there is as much difference in the assemblage and in the form of bones as in the quadrupeds’ posture compared to man’s. Imagine that a man adopts the posture natural to quadrupeds and that he wants to walk on his hands and feet. He would be in an unnatural state. The movements of the arms, legs, hands, feet and head would be very arduous, and despite all his efforts he would not be able to have a constant gait and a sustained carriage. The principal obstacles that he would experience would come from the structure of the pelvis bones, hands, feet and head. I would stray from my subject if I included in this Memoir the observations I have made on the differences between man and animals in the structure of the pelvis, feet and hands relative to the postures of the body and its movements. I only propose to report here what I have observed about the differences of the occipital formen's posture in man and animals.

[5] Les principales pièces de la charpente du corps humain sont à peu près les mêmes que celles du corps des animaux; mais il y a autant de différence dans l’assemblage et dans la forme des os, que dans l’attitude des quadrupèdes, comparées à celle de l’homme. Supposons qu’un homme prenne l’attitude naturelle aux quadrupèdes, et qu’il veuille marcher à l'aide de ses mains et de ses pieds, il sera dans un état contre nature; les mouvemens des bras, des jambes, des mains, des pieds et de la tête seront très-pénibles, et malgré tous ses efforts il ne pourra parvenir à avoir une démarche constante et une allure soutenue. Les principaux obstacles qu’il éprouva viendront de la conformation des os du bassin, des mains, des pieds et de la tête. Je m’écarterois de mon sujet si je faisois entrer dans ce Mémoire les observations que j’ai faites sur les différences qui se trouvent entre l’homme et les animaux dans la conformation du bassin, des pieds et des mains, relativement aux attitudes du corps et à ses mouvements; je ne me suis proposé que de rapporter ici ce que j’ai observé sur les différences de la situation du grand trou occipital dans l’homme et dans les animaux.

[6] The more volume the brain has in comparison with the size of the whole body, the more convexity and projection has the occiput. The more distant the occipital foramen is from the far end of the occiput, the more the plane of this orifice approaches the horizontal direction. That is why man’s occipital foramen is scarcely more distant from the jaws’ extremities than from the far end of the occiput; it’s also why its plane is almost horizontal, as I’ve already said. This position of the occipital foramen, which places man’s head in a sort of balance on the neck and places his face in front when he is standing up in his natural posture, prevents him from raising his head high enough when he is on all fours to present the face in front and from seeing in front of him because the head’s movement is stopped by the occiput’s projection which approaches too close to the neck’s vertebrae.

[6] Plus le cerveau a de volume en comparaison de la grandeur du corps entier, plus l’occiput a de convexité et de saillie; plus le grand trou occipital est éloigné du fond de l’occiput, plus le plan de cette ouverture approche de la direction horizontale; c’est pourquoi le grand trou occipital de l’homme n’est guère plus éloigné de l’extrémité des mâchoires que du fond de l’occiput; c’est aussi pourquoi son plan est presque horizontal, comme je l’ai déjà fait remarquer. Cette situation du grand trou occipital qui met la tête de l’homme dans une sorte d’équilibre sur le cou, et son visage en avant lorsqu’il est debout dans son attitude naturelle, l’empêche, lorsqu’il est dans l’attitude des quadrupèdes de relever sa tête assez haut pour présenter le visage en avant et pour voir devant lui, parce que le mouvement de la tête est arrêté par la saillie de l’occiput qui approache de trop près les vertèbres du cou.

[7] In most animals the occipital foramen is placed at the posterior part of the head. The jaws are very long. The occiput has no projection beyond this orifice in which the plane is directed in a vertical line or a little inclined in front or in back; so that the head is attached to the neck by its posterior part in place of being hinged by the middle of its base with the first vertebra of the neck like in man and placed in balance like on a pivot. It hangs in front and is attached to the neck by the posterior extremity of its base. This position of the head gives to quadrupeds the facility to present their muzzle in front and to lift it for reaching under them; although their bodies are directed horizontally. Touching the ground with the end of the jaws when they lower the neck and head to their feet is impossible to man. If man places himself in the posture of quadrupeds and tries to lower his head to the ground, he could only touch it with the forehead or cranial vertex because the occipital foramen is positioned in the center of the cranial base and not at the posterior part of this base like in most animals. In several species there is between the occipital foramen and the far end of the occiput a more or less big distance, but in no animal is there an interval as long as that in man. The less this interval is extended, the less inclined is the plane of the occipital foramen.

[7] Dans la plupart des animaux, le grand trou occipital est placé à la partie postérieure de la tête; les mâchoires sont fort alongées; l’occiput n’a aucune saillie au-delà de cette ouverture dont le plan est dirigé en ligne verticale ou un peu inclinée en avant ou en arrière; de sorte que la tête tient au cou par sa partie postérieure au lieu d’être articulée par le milieu de sa base avec la première vertèbre du cou comme dans l’homme, et placée en équilibre comme sur un pivot; elle est pendante en avant et attachée au col par l’extrémité postérieure de sa base; cette position de la tête donne aux quadrupèdes la facilité de présenter leur museau en avant et de l’élever pour atteindre au-dessus d’eux, quoique leur corps soit dirigé horizontalement, et de toucher la terre avec le bout des mâchoires lorsqu’ils abaissent le cou et la tête jusqu’à leurs pieds, ce qui est impossible à l’homme; car s’il se mettoit dans l’attitude des quadrupèdes, et s’il tentoit d’abaisser sa tête jusqu’à terre, il ne pourroit la toucher qu’avec le front ou le sommet de la tête, parce que le grand trou occipital est placé au centre de la base du crâne et non pas à la partie postérieure de cette base comme dans la plupart des animaux: dans plusieurs espèces de ces animaux, il y a entre le grand trou occipital et le fond de l’occiput, une distance plus ou moins grande, mais dans aucun animal il ne se trouve un intervalle aussi long que dans l’homme; moins cet intervalle est étendu, moins le plan du grand trou occipital est incliné.

[8] Of all the animals, the monkeys differ the least from man. The apes that have no tail resemble man more than the other monkeys. But with regard to the posture of the occipital foramen and the inclination of its plane, there are tailed monkeys that are not much different from man than the apes. Thus in the comparison I am going to make of animals to man relative to the posture of the occipital formen, I could take for example a tailed monkey like the sapajou jaune, named thus by Mr. Brisson, Reg. Anim. Pag. 197, or the ape from Angola named ourang-outang by the Indians.* I prefer the latter because it resembles man the most. Nevertheless its occipital foramen (A, fig. 2) is more than twice as distant from the jaws’ extremity (BC) than the far end of the occiput (D), whereas in man it is of almost equal distance between these two limits. The plane of the occipital foramen orifice is very slanted downward. It passes below the lower jaw, as one can see by the direction of the dotted line FG; whereas in man this design ends below the sockets, as the dotted line FG, fig. 1 represents. In tracing another line KL, fig. 1, 2, 3 & 4, going from the middle of the posterior part of the side of the occipital foramen (A) to the lower part of the side of the socket (E), one can determine the difference between the Angolan ape and man for the direction of the occipital foramen plane. One only has to compare the angle GAL, fig. 2 with the angle GAL, fig. 1, to see that the latter is only 3 degrees and that the former is 37. Consequently the plane of the occipital foramen of the Angolan ape inclines at 34 degrees this plane is alleged to be horizontal in man. The Angolan ape’s jaws are in proportion much longer than in man, for the lower jaw (CI, fig. 1) is almost a quarter of the body’s length, from neck and the head taken together from the cranial vertex to the anus, whereas in man, the lower jaw is only a seventh part of this length.

* i.e. chimpanzee [trans.]

[8] De tous les animaux, les singes sont ceux qui diffèrent le moins de l’homme, et parmi les singes, ceux qui n’ont point de queue et qui sont les singes proprement dits, ont plus de ressemblance avec l’homme que les autres singes; mais par rapport à la situation du grand trou occipital et à l’inclinaison de son plan, il y a des singes à queue qui ne sont pas plus différens de l’homme que les singes proprement dits; ainsi dans la comparaison que je vais faire des animaux à l’homme, relativement à la situation du grand trou occipital, je pourrois prendre pour exemple un singe à queue, tel que le sapajou jaune, ainsi nommé par M. Brisson, Reg. anim, pag. 197, comme le singe d’Angole qui est appelé ourang-outang par les Indiens, et qui est un singe proprement dit, je préfère celui-ci parce qu’il est le plus ressemblant à l’homme; cependant le grand trou occipital (A, fig. 2) de ce singe est plus de deux fois aussi éloigné de l’extrémité (BC) des mâchoires que du fond (D) de l’occiput, tandis que dans l’homme il est à peu près à égale distance de ces deux termes: le plan de l’ouverture du grand trou occipital est fort incliné en bas, il passe au-dessous de la mâchoire inférieure, comme on peut le voir par la direction de la ligne ponctuée FG; tandis que dans l’homme, ce plan aboutit au-dessous des orbites, comme la ligne ponctuée FG, fig. 1 le représente: en traçant une autre ligne KL, fig. 1, 2, 3 et 4, qui passe sur le milieu de la partie postérieure du bord du grand trou occipital (A) et sur la partie inférieure du bord de l’orbite (E), on pourra déterminer la différence qui est entre le singe d’Angole et l’homme pour la direction du plan du grand trou occipital; il n’y aura qu’à comparer l’angle GAL, fig. 2 à l’angle GAL, fig. 1, on verra que le premier de ces angles n’est que de 3 degrés, et que le second est de 37; par conséquent le plan du grand trou occipital du singe d’Angole est incliné de 34 degrés en supposant que ce plan soit horizontal dans l’homme: les mâchoires du singe d’Angole sont à proportion beaucoup plus longues que dans l’homme, car la mâchoire inférieure (CI, fig. 1) a près d’un quart de la longueur du corps, du cou et de la tête, pris ensemble depuis le sommet de la tête jusqu’à l’anus, tandis que dans l’homme, la mâchoire inférieure n’a qu’une septième partie de cette longueur.

[9] The position of the occipital foramen and the direction of its plane are almost the same in all the monkeys, but those which have the occipital foramen placed the closest to the far end of the occiput and the plane of this orifice the most inclined differ more again, in this regard, from the Makis, for these have the occiput (D, fig. 3) most jutting out than in most of the other animals, except for the monkeys. Nevertheless the occiput of the makis has little projection, the occipital foramen (A) recedes almost until below the occiput’s far end (D). The plane (FG) of the occipital foramen is more inclined than in the Angolan ape for the angle GAL is 47 degrees. Thus these are 10 degrees more than in the Angolan ape and 44 more than in man. The lower jaw (CI) is in proportion much less long than that of the Angolan ape, for it is only a seventh part of the body’s length, taken from the cranial vertex to the anus, but the maki’s lower jaw is much longer than that of man which is only a ninth part of the body’s length.

[9] La situation du grand trou occipital et la direction de son plan sont à peu près les mêmes dans tous les singes; mais ceux qui ont le grand trou occipital placé le plus près du fond de l’occiput et le plan de cette ouverture le plus incliné, diffèrent encore beaucoup, à cet égard, des Makis, quoique ceux-ci aient l’occiput (D, fig. 3) plus saillant que dans la plupart des autres animaux, à l’exception des singes. Cependant l’occiput des makis a bien peu de saillie, le grand trou occipital (A) se trouve reculé presque jusqu’au-dessous du fond (D) de l’occiput, le plan (FG) du grand trou occipital est plus incliné que dans le singe d’Angole, car l’angle GAL est de 47 degrés, ainsi il y a 10 degrés de plus que dans le singe d’Angole, et 44 de plus que dans l’homme: la mâchoire inférieure (CI) est à proportion beaucoup moins longue que celle du singe d’Angole, car elle n’a qu’une septième partie de la longueur du corps, prise depuis le sommet de la tête jusqu’à l’anus; mais la mâchoire inférieure du maki est plus longue que celle de l’homme qui n’a que la neuvième partie de la longueur du corps.

[10] In most quadrupeds, the occiput has less projection than in the maki and the plane of the occipital foramen is more inclined. One can see an example in the dog. Angle GAL is more open in figure 4, which represents a dog's head, than in figure 3 that is a maki’s head. This inclination is even stronger in some animals, e.g., in the horse; for the angle formed by these two lines is almost a right angle of 90 degrees. The occipital foramen is placed beyond the occiput’s far end and the projection of the sides of this orifice is again more than it seems, for the bony lines that prolong the occiput in back are not part of the interior capacity of the occiput. Consequently they must not be regarded as its far end but serve to attach the head muscles and the lining in the skull’s cavity.

[10] Dans la plupart des animaux quadrupèdes, l’occiput a encore moins de saillie que dans le maki, et le plan du grand trou occipital est plus incliné; on en peut voir un exemple dans le chien; l’angle GAL est plus ouvert dans la figure 4 qui représente la tête d’un chien, que dans la figure 3 qui est celle de la tête d’un maki: cette inclinaison est encore plus forte dans quelques animaux, par exemple, dans le cheval; car l’angle formé par ces deux lignes, est à peu près un angle droit de 90 degrés: le grand trou occipital est placé au-delà du fond de l’occiput, et la saillie des bords de cette ouverture est encore plus forte qu’elle ne le paroît; car les arêtes osseuses qui prolongent l’occiput en arrière, ne sont pas partie de la capacité intérieure de l’occiput; par conséquent elles ne doivent pas être regardées comme son fond, elles servent d’attache aux muscles de la tête, et de parois à la cavité du crâne.

[11] The occipital foramen is placed in the posterior part of the skull in the oviparous quadrupeds, like turtles, frogs, toads, crocodiles, chameleons, salamanders, etc. as in most viviparous quadrupeds. This position is the same in the cetaceans, fish, reptiles, etc., although the head’s joint with the first vertebra of the neck is diversely formed in these animals. But as they all have the body and neck in the horizontal direction, like the viviparous quadrupeds, they therefore have the head hinged with the neck by the posterior part of the skull. This joint is placed in the same part of birds’ skulls, even though they carry themselves and walk on only two feet like men. But one must note that their posture does not differ much from that of the quadrupeds by the direction of the body and neck. They often lower the neck and head to search for their food on the ground. Consequently the head’s joint with the neck by the posterior part of the skull facilitates the head movements in birds like in other animals. Furthermore the wings and feet of a bird that flies have, by their movement and by their effect, much in common with the four feet of some quadrupeds, like the seal or sea-cow when they swim.

[11] Le grand trou occipital est placé à la partie postérieure du crâne dans les quadrupèdes ovipares, tels que les tortues, les grenouilles, les crapans, les crocodiles, les caméléons, les salamandres, &c. comme dans la plupart des quadrupèdes vivipares; cette situation est la même dans les cétacées, dans les poissons, les reptiles, &c. quoique l’articulation de la tête avec la première vertèbre du cou soit diversement conformée dans ces animaux; mais comme ils ont tous le corps et le cou en direction horizontale, comme les quadrupèdes vivipares, ils ont ainsi la tête articulée avec le cou par la partie postérieure du crâne; cette articulation est placée dans la même partie du crâne des oiseaux, quoiqu’ils se soutiennent et qu’ils marchent sur deux pieds seulement comme les hommes; mais il faut faire attention que leur attitude ne diffère pas beaucoup de celle des quadrupèdes, par la direction du corps et du cou; ils abaissent souvent le cou et la tête pour chercher leurs alimens sur la terre, par conséquent l’articulation de la tête avec le cou, par la partie postérieure du crâne, facilite les mouvemens de la tête dans les oiseaux, comme dans les autres animaux: d’ailleurs, les ailes et les pattes d’un oiseau qui vole, ont beaucoup de rapport par leur mouvement et par leur effet aux quatre pieds de quelques quadrupèdes, tels que le veau de mer ou la vache marine, lorsqu’ils nagent.

[12] It can be concluded from these Observations; 1st that among the viviparous quadrupeds whose natural posture and gait are to walk by the aid of four feet have the head hinged with the neck by the posterior part of the skull; 2nd that this joint is in the middle of man’s cranial base because his body has a vertical direction and he is supported only on two feet; 3rd that the animals whose head joint with the neck is placed between the middle part and the posterior part of the cranial base are inclined by their structure to take the posture and gait of the other animals and those of man.

[12] On peut conclure de ces Observations; 1.° que parmi les animaux quadrupèdes vivipares, ceux dont l’attitude et l’allure naturelles sont de se soutenir et de marcher à l’aide de quatre pieds, ont la tête articulée avec le cou par la partie postérieure du crâne; 2.° que cette articulation est au milieu de la base du crâne de l’homme, parce que son corps a une direction verticale, et qu’il est porté sur deux pieds seulement; 3.° que les animaux dont l’articulation de la tête avec le cou est placée entre la partie moyenne et la partie postérieure de la base du crâne, sont disposés par leur conformation à prendre l’attitude et l’allure des autres animaux et celles de l’homme.

[13] If these Observations were capable of precision, one could perhaps recognize by the different degrees of the position of the occipital foramen, between the middle part and the posterior part of the cranial base, the animals who would have more or less the disposition to take the posture and gait of the other quadrupeds or of man. But it is very difficult to fix the different degrees of this position in the various species of animals because the body structure varies in the same species in different individuals and in the same individuals at different ages. The occiput has more or less convexity and projection in man and in animals. The apophyses condyloids of the occipital bone lengthen until a certain age and consequently the plane of the occipital foramen changes slant. By comparing the extremes of the species of men and those of certain monkeys, one would find less difference in the position of the occipital foramen than I have marked in the figures 1 & 2, where I compared the head of an Angolan ape who died very young with that of a young man. If I had compared it with that of an old man, the difference would have been less because the apophyses condyloids would have been bigger.

[13] Si les Observations dont il s’agit étoient susceptibles de précision, on pourroit peut-être reconnoître par les différens degrés de la position du grand trou occipital, entre la partie moyenne et la partie postérieure de la base du crâne, les animaux qui auroient plus ou moins de disposition à prendre l’attitude et l’allure des autres quadrupèdes ou de l’homme; mais il est très-difficile de fixer les différens degrés de cette position dans les diverses espèces d’animaux, parce que la conformation du corps varie dans la même espèce sur différens individus, et dans le même individu à différens âges: l’occiput a plus ou moins de convexité et de saillie dans l’homme et dans les animaux, les apophyses condyloïdes de l’os occipital s’alongent jusqu’à un certain âge, et par conséquent le plan du grand trou occipital change d’inclinaison: en comparant les extrêmes de l’espèce des hommes et de celle de certains singes, on trouveroit moins de différence dans la situation du grand trou occipital, que je n’en ai marqué dans les figures 1 et 2, où j’ai comparé la tête d’un singe d’Angole qui étoit mort fort jeune, avec celle d’un jeune homme; si je l’avois comparée avec celle d’un vieillard, la différence auroit été moindre, parce que les apophyses condyloïdes auroient été plus grandes.

[14] In conditions pretty much equal in terms of comparison, it seemed to me that the inclination of the plane of the occipital foramen varied about 90 degrees between man and the quadrupeds who have the sides of this orifice projecting beyond the occiput. It also appeared to me that there are about 34 degrees of difference between man and the Angolan ape with regard to this inclination. On the one hand, there are 90 degrees of difference that are found in the direction of the plane of the occipital foramen, considered in man and in the animals which differ the most from man in this regard, and, on the other hand there is between man and the animals that differ the least in it about a third of this difference of 90 degrees, whereas the two other thirds are distributed among diverse species of quadrupeds.

September 1, 1764

[14] A conditions à peu près égales dans les termes de la comparaison, il m’a paru que l’inclinaison du plan du grand trou occipital varie à peu près de 90 degrés entre l’homme et les quadrupèdes qui ont les bords de cette ouverture saillans au-delà de l’occiput; il m’a paru aussi qu’il y a environ 34 degrés de différence entre l’homme et le singe d’Angole, par rapport à cette inclinaison; ainsi de 90 degrés de différence qui se trouvent dans la direction du plan du grand trou occipital, considéré dans l’homme et dans les animaux qui diffèrent le plus de l’homme à cet égard, il y a entre l’homme et les animaux qui en diffèrent le moins, environ un tiers de cette différence de 90 degrés, tandis que les deux autres tiers sont répartis entre diverses espèces de quadrupèdes.


1re septembre 1764

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